Denis Dufour | Notice des œuvres

Archéoptéryx

1992 | 14’00 | opus 74 | éditeur Opus 53

pour flûte, hautbois, clarinette, saxophone, trombone, accordéon, piano à quatre mains

1. Origine [06’00]  ·  2. Ontogénie [02’30]  ·  3. Protocyte [04’30]

• Création à Lyon, salle Rameau, le 27 mai 1992 dans le cadre des ‘Concerts Acore’ par l’Ensemble Uppercut (Valérie Lewandovsky, flûte, Catherine Coquet, hautbois, Louis Boyera, clarinette, Nicolas Prost, saxophone, Benjamin Biolay, trombone, Victoria Urruzola, accordéon, Anne Filhol et Stéfan Cassar, piano) sous la direction de Benjamin Hertz. 

Reprenant, transposés, des fragments de l’écriture d’orgue de Collection de timbres (1) (et parfois les bruits de trafic automobile et les halètements de sa bande magnétique), Archéoptéryx plonge son anatomie dans les méandres d’un passé préconscient et, pour tout dire, paradoxalement préhistorique. Cette musique aux évocations tantôt bibliques et antiques (avec sa brutalité dramatique et ses effets sur-accentués), tantôt presque varésiennes, fouille l’archétype sonore et en expulse des monstres parfois sympathiques et parfois des visages, des voix d’aujourd’hui.

Comme dans la fin d’un rêve d’Aurélia (de Nerval), les visages et les bêtes se confondent ou plutôt s’enchaînent, à la manière d’un morphing un peu fou : de l’ébullition primitive et vierge naissent des formes en évolution, du cri émerge peu à peu l’articulation puis le poème. C’est un rêve de démiurge qui se déroule ici, plein de piétinements et de détours dans les profondeurs (celles de l’inconscient), gros de la bactérie unicellulaire, du poisson et de l’oiseau (peut-être ceux de Messiaen, mais ici des oiseaux primitifs). Marche forcée aux allures d’épopée darwinienne, cette œuvre énumère les étapes, les scansions, les origines. Comme une parade antédiluvienne.

[Thomas Brando]

1. op. 71 pour orgue et support audio

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