Denis Dufour | Notice des œuvres

Aristée et Eurydice

2013 | 04'00 | opus 167 | acousmatique | support audio | 2 pistes | éditeur Opus 53

• Réalisation sur ordinateur au studio du compositeur à Paris 19e

• Prises de son : Denis Dufour

• Création à Paris, Auditorium de la Bibliothèque Buffon, le 7 juin 2013 lors du cycle Musiques à réaction 4.3 par Jonathan Prager sur acousmonium Motus

Aristée et Eurydice a été composé dans le cadre d’un projet collectif*, Orphée ritournelle 2.13, conçu et mis en forme par Paul Ramage sur une idée de Denis Dufour, proposant une vision contemporaine du mythe d’Orphée**. À partir de règles bien définies, chaque participant a travaillé sur une des étapes de la vie riche et mouvementée d’Orphée. L’œuvre de Denis Dufour correspond au moment où, nostalgique des bois et des monts où vivaient ses sœurs, la dryade Eurydice s’y rendit. En s’enfuyant pour échapper aux avances du berger Aristée, elle fut mordue par un serpent et mourut aussitôt, entraînant avec elle dans la mort les abeilles du pasteur. [Denis Dufour]

* Rassemblant trente-deux compositeurs issus des classes de composition de Denis Dufour et Jonathan Prager aux conservatoires de Paris et Perpignan ainsi qu’au Pôle supérieur d’enseignement artistique Paris Boulogne-Billancourt

** La musique concrète ou acousmatique semble s’être retrouvée dans ce mythe d’Orphée. D’abord Pierre Schaeffer, son inventeur, qui par sa découverte ajouta quelques cordes supplémentaires à la lutherie des arts sonores par l’apport de moyens et de concepts nouveaux, avec toujours pour objectif la promesse d’un enrichissement expressif. Ensuite, le pouvoir de séduction des sons, de tous les sons, synthétiques ou captés par le microphone et retransmis par le haut-parleur, qui en fit rêver plus d’un à l’époque où la radio encore jeune s’imaginait et se développait. Enfin, le même Schaeffer dut s’abstenir de “se retourner” sur la musique classique – son Eurydice – qu’il affectionnait par dessus tout, s’il voulait mener à bien la tâche qu’il s’était donnée : définir et décrire les sons, et concevoir, comme le souligna l’écrivain et poète Jérôme Peignot, une « musique la plus générale qui soit, de qui “la tête au ciel était voisine, et dont les pieds touchaient à l’empire des morts” ». Heureusement, la musique instrumentale n’a pas disparu et les créateurs acousmatiques ne sont pas inconsolables. Ils continuent d’œuvrer en nombre dans ce domaine qui est devenu non une extension de la musique instrumentale mais bien un genre nouveau, ancré dans la modernité et la sensibilité de ses contemporains : l’art acousmatique.

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