Denis Dufour | Notice des œuvres

Cinq miniatures pour Barbe Bleue

1998 | 12'00 | opus 102 | éditeur Opus 53

pour soprano, basse, flûte, clarinette, piano, violon, alto et violoncelle

1. Miniature 1 - largo  ·  2. Miniature 2 - andante  ·  3. Miniature 3 - adagio  ·  4. Miniature 4 - allegro  ·  5. Miniature 5 - fervido e sereno

• Commande de Radio France

• Texte de Thomas Brando

• Création à Paris, studio 105 de la Maison de Radio France, le 12 avril 1999 dans le cadre de l’émission Alla breve de France Musique par l’ensemble Linea sous la direction de Jean-Philippe Wurtz

Sur un dialogue poétique de Thomas Brando, inspiré de la légende de Perrault, cette œuvre est pensée comme un opéra radiophonique miniature à deux personnages principaux, dont la structure, la narration et les répliques épousent parfaitement une forme de feuilleton à épisodes. Les dialogues, qui ont la fulgurance et la concision des kōans, entraînent l’écoute dans un parcours initiatique en cinq étapes, faisant évoluer progressivement l’auditeur d’un état d’inquiétude ordinaire à une forme de révélation. Les instruments forment une mini masse orchestrale, expressive et volatile. D’une épaisseur harmonique fluctuante, usant largement de figures et d’ornements travaillés comme autant de morphologies qui structurent l’écriture, la partition est empreinte d’une virtuosité enjouée et tendue.

L’argument fait autant référence à la légende proprement dite de Barbe-Bleue, qu’à ses avatars littéraires et musicaux : ses diverses interprétations (dont le Château de Béla Bartók), les histoires de vampires des Carpathes (Dracula…), La Belle et la Bête de Jean Cocteau ainsi que les univers littéraires d’Edgar Poe, de Franz Kafka et celui trouble et sucré de Lewis Carroll… L’animalité cachée puis exhibée du conte, sa monstruosité fantasmée dans l’esprit des villageois, s’éclaire peu à peu d’un jour nouveau : et si l’appétit de meurtre qui l’habite était une histoire d’amour qui a mal tourné, la nôtre, et le symptôme stigmatisé de l’échec spirituel de nos sociétés ? Et si le monstre n’était pas caché là où on le croit ?

[Jérôme Nylon]

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