Rencontre au sommet « dufouryterce »

Entretien avec Steven Hearn et Aymeric Lozet. Revue Octopus n°14. Pages 48 à 52. Printemps 2002.

2002_Octopus.png

Dans ce long entretien croisé qui le met face à Alexandre Yterce, Denis Dufour nous livre un point de vue plus radical que ce qu'il a l'habitude d'écrire. Il nous explique en premier lieu les raisons pour lesquelles la musique acousmatique est un terrain fertile pour la création. Le travail pointu du son fixé sur support, l'absence de standard ou de chef de file permet au compositeur de s'exprimer librement dans un monde entièrement tourné vers la modernité. À la différence d'Yterce, Denis Dufour s'acharne à vivre dans cette société. Cela se retrouve dans la pédagogie qu'il développe depuis le début de son parcours de musicien. Toutefois, il s'extrait, prend du recul, dénonce au travers de la création, parfois de manière grave ou violente, cette même société. D'ailleurs, il explique que son travail de composition part souvent d'impressions issus de l'observation, du ressenti et de l'appréhension du monde extérieur. L'œuvre finale ne sera qu'une façon d'en parler parmi une infinité d'autres œuvres possibles.

Alexandre Yterce, laisse une grande place à l'inconscient, à une jouissance sans entrave, transgressant pour mieux aller à l'essentiel. Si Dufour est plus mesuré, son observation attentive du monde et l'élaboration progressive d'un univers intérieur aboutissent à des créations denses, parfois violentes mais justes dans le ton, et marquent les esprits.

La suite de l'article évoque comparaisons et filiations entre musiques acousmatiques et électroniques, techno ou autre. Yterce parle de la nature même de la musique techno dans son aspect avilissant comme syndrome d'une société empêchée. Dufour quant à lui préfère rappeler les histoires différentes de deux milieux musicaux qui n'ont pas les mêmes enjeux. Il insiste sur l'aspect institutionnel de la musique acousmatique ancrée dès le départ dans une logique de musique dite savante. La musique techno, pop ou rock suit d'avantage une logique de musique dite populaire plus liée au fonctionnement d'un marché économique. Il dénonce au passage les raccourcis historiques fait par certains journalistes et les réappropriations malvenues. Toutefois, il reconnaît le point de rencontre essentiel entre acousma et techno : l'intuitivité dans l'écriture, où la musique s'élabore au fur et à mesure qu'on l'écoute. 

Lire l'article

  • Page Facebook
  • Twitter
  • Instagram
 
Website by Opus 53 • webmaster@opus53.fr