Denis Dufour | Notice des œuvres

Piano dans le ciel

2001 | 37'37 | opus 116 | acousmatique | support audio | 2 pistes | éditeur Opus 53

01. Prélude, Maestoso [06’44] · 02. Interlude 1 [00’12] · 03. Fantaisie, Andante [05’24] · 04. Improvisation 1 [03’19] · 05. Interlude 2 [00’10] · 06. Interlude 3 [00’14] · 07. Sarabande, Lento [05’02] · 08. Improvisation 2 [04’00] · 09. Interlude 4 [00’17] · 10. Largo sostenuto [06’54] · 11. Improvisation 3 [03’30] · 12. Postlude [00’30]

• Commande du festival Why Note

• Réalisation sur ordinateur au studio du compositeur à Paris 10e

• Prises de son : Denis Dufour

• Voix : Jay Gottlieb et Jonathan Prager

• Création à Dijon, chapelle du lycée Carnot le 2 décembre 2001 lors du festival Why Note par Jonathan Prager sur acousmonium Motus

Piano dans le ciel a été conçu comme une œuvre indépendante motivée par la mise en espace du récital de Jay Gottlieb et les compositions pour piano qu’elle enchâssait (courtes pièces de Magnus Lindberg, Pierre Boulez, Gilbert Amy, Luis de Pablo, Paul Ruders, Yan Maresz et Bruno Mantovani). Fin juillet 2001, prenant connaissance des œuvres du récital chez Jay Gottlieb, je lui faisais remarquer que plusieurs de ces pièces tournaient autour du mi bémol. Je constatais également que beaucoup d’entre elles étaient plutôt vives, proches parfois du moto perpetuo. Ainsi j’ai choisi de profiter de ce mi bémol pour créer des liens avec la partie pianistique de ce double récital, et d’équilibrer tempi et densités de l’ensemble du concert en insérant des moments davantage méditatifs et d'autres tout en nuances dans une intensité proche du pianissimo. Les interludes, de quelques secondes seulement, ont été pensés, à l'origine, pour ponctuer ou relancer les pièces instrumentales.

Ainsi, mon travail venait agrandir l’écran sonore du concert, offrir des sollicitations supplémentaires à l’imagination, intensifier le spectacle auditif. Plutôt que de proposer une ambiance, un décor, une scénographie de sons qui n’auraient eu pour objectif que de mettre en valeur le pianiste, j’ai préféré miser sur un duo alterné entre lui et l'interprète acousmatique, un face à face entre les deux solistes. Lors de la création de l'œuvre, le piano et son interprète occupaient une position centrale dans la salle. Autour de l’instrument, l’œuvre acousmatique tendait des fils et tissait sa toile en quatre mouvements, quatre brefs interludes et un postlude.

Par cette commande, l'occasion m’a été donnée de mettre en relief et en scène deux types d’approche. On peut presque parler de musique visible lorsqu'est manifeste la relation de cause à effet entre ce qui engendre et façonne le son (le piano et son interprète) et le résultat sonore, et de musique invisible lorsque les sons sont perçus sans en voir ni connaître la cause qui les produit – ce qui n’exclut pas que, auditeur, on puisse re–connaître l’origine supposée du son entendu !

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