top of page

Denis Dufour | Notice des œuvres

Selva

2012 | 06'40 | opus 161 | acousmatique | support audio | 2 pistes | éditions Maison Ona

• Deuxième volet du triptyque Volver, SelvaLluvia

• Réalisation sur ordinateur au studio du compositeur à Paris 19e

• Prises de son : Denis Dufour

• Création à Santiago (Chili), Centre culturel Gabriela Mistral, le 12 octobre 2012, lors du festival Ai-Maako par Denis Dufour

« Je regardais la côte. Regarder d’un navire la côte filer, c’est comme de réfléchir à une énigme. La voilà devant vous – souriante, renfrognée, aguichante, majestueuse, mesquine, insipide ou sauvage et toujours muette avec l’air de murmurer. Venez donc voir. Celle-là était presque sans visage, comme en cours de fabrication, d’aspect hostile et monotone. Le bord d’une jungle colossale, d’un vert sombre au point de paraître presque noir, frangé d’une houle blanche, courait droit comme une ligne tracée à la règle, loin, loin le long d’une mer bleue dont le scintillement était estompé par un brouillard traînant. Le soleil était violent, la terre semblait luire et dégoutter de vapeur. Çà et là des taches d’un gris blanchâtre apparaissaient groupées au-delà de la houle blanche, avec à l’occasion un drapeau qui flottait au-dessus.

L’odeur de la boue, de la boue primitive, était dans mes narines, la vaste immobilité de la forêt primitive était devant mes yeux ; il y avait des marbrures luisantes sur la crique noire. La lune avait répandu sur toute chose une mince couche d’argent – sur l’herbe folle, sur la boue, sur la muraille de végétation emmêlée qui se dressait plus haut que le mur d’un temple, sur le grand fleuve que je voyais par une brèche sombre scintiller, scintiller, en suivant sans un murmure son ample cours. Tout cela était grand, en attente, muet. » [Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres 1899]

  • Page Facebook
  • Twitter
  • Instagram
bottom of page